Baja – Belgrade

Mardi 11 août

Réveil d’une nouvelle nuit au bord du Danube, passée sur la petite ile de Petöfi, au centre de Baja, principale attraction touristique de la ville grâce aux multiples activités aquatiques qu’elle offre (baignade, pêche, canotage), et à ses restaurants où l’on a pu déguster la fameuse “halászlé“, spécialité hongroise, soupe de carpe et poisson chat servie avec des noodles et assaisonnée au paprika.

Réveil avec les premiers rayons du soleil… et avec 39 degrés de fièvre pour Magali… Elle prendra un train direct pour Novi Sad, prochaine étape et grande ville serbe à 270km de là, où l’appartement d’une de ses amies nous y attendait pour jeudi (quelle chance !). Je décide pour ma part de continuer la route à velo pour l’y rejoindre 2 jours plus tard. Envie de pédaler, de découvrir, de profiter !

Nous prenons la route tous les 3, Magali, Raùl et moi, petite route faite pour l’Eurovelo, calme, logeant le Danube sur notre droite et surplombant des champs à perte de vue sur notre gauche (il n’y a pas de relief ici, la plus haute montagne hongroise culmine à 1000 et quelques mètres de haut me disait-t-on …). A Ùjmohacs, nous disons au revoir à Magali qui continue juqu’à Bracki Berg pour trouver la gare… sans la trouver … Nous prenons le ferry pour passer sur l’autre rive du Danube, à Mohacs, mignonne et paisible ville de pêcheurs. Quelques courses pour le déjeuner, un bureau de change, des kunas, monnaie croate. La frontière hongro-croate n’est pas loin. Quelle joie en la traversant ! Ma première frontière à vélo ! Grand sourire, grand bonheur, beaucoup de bruit !! Grosse chaleur aussi, le thermomètre indique 40 degrés. En rentrant en Croatie, nous nous éloignons en fait du Danube, et de la possibilité de faire des pauses baignades. Les routes bouillantes, pas d’arbres, pas d’ombres, les champs de mais, les villages déserts. J’ai l’impression de pédaler devant un chauffage. La chaleur est partout, et pas de moyen de s’en protéger. L’asphalte, le vent brûlant, physiquement, c’est éprouvant. J’imagine une douche froide un peu comme Tintin hallucine des oasis dans le désert. C’est décidé, nous irons jusqu’à Osijek ce soir pour avoir un hôtel. Fraicheur, confort, voilà ce va m’amener à rouler 115 km ce jour-là (routine pour Raúl …). Au fur et à mesure, les paysages se font plus verts, des vignes et des cultures de pruniers, leur parfum vient parfois même jusqu’à nous. Bonne nouvelle, je n’ai pas perdu l’odorat !! Quand l’odorat va tout va ! 🙂 Fin de journée et Osijek, oui la belle est enfin là !! Le centre ville est joli, récent aussi. Nous faisons la rencontre de Tomiszla, propriétaire du guest-house que nous trouvons pour la nuit, qui nous offre de la bière, quel bonheur, une bière ! La première est pour recupérer, la seconde pour le plaisir, et la troisième, vraiment pour le plaisir !! Il nous sert l’alcool de prune local, nous amène découvrir le sous-sol du guest-house dont il est particulièrement fier, totalement insonorisé, et décoré de vieux objets, certains sont des objets de guerre. Le conflit serbo-croate des années 90 n’est pas si loin. Quelques anges passent, ce ne sont pas des choses que l’on souhaite évoquer. Il nous fait vite découvrir les chants traditionnels croates, sa chanteuse préférée,“l“Edith Piaf croate“. Ce soir-là, la douche et le diner viendront plus tardivement que prévu. Mais peu importe…

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Mercredi 12 août

Un bon double café dans un bar avec wifi. Il est 10h, le soleil déjà très chaud. La forme mais une espèce de lourdeur, cette chaleur est infernale. En voyage à vélo, on est tellement exposés… Raúl et moi continuons, sur une étape qui nous amène jusqu’à Vukovar, à seulement 60km d’Osijek. Un pause déjeuner dans un petit restaurant. Raúl prendra des calamars frits et des frites. Ok, je me moquerai gentiment mais ne m’opposerait pas (ça lui rappelle son Espagne natale, me dit-il). Ce sera du riz et de la viande en sauce pour moi. Vukovar est une ville qui a été détruite à plus de 80% durant la guerre civile, et dont la reconstruction est lente. Des constructions récentes et des maisons criblées, des ruines aussi, cohabitent. L’ancien château d’eau trône à la sortie de la ville, imposant, et porte encore les stigmates de la récente guerre. Nous nous arrêtons devant la maison d’une dame pour prendre une photo. Cette dame, maigre, tremblante, voûtée, semblait tellement vieille. Elle s’approche de nous, s’appuie contre le mur, et nous regarde silencieusement avant de nous raconter dans sa langue les horreurs qu’elle a pu vivre ou voir ici. Je n’ai compris aucun des mots qui sont sortis de sa bouche. Mais j’ai vu toutes les larmes dans ses yeux.

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Jeudi 13 août

Raúl et moi nous sommes quittés ce matin, un long chemin l’attend pour descendre jusqu’à Sarajevo pour livrer ses lettres. Je prends donc la route toute seule et pars pour Novi Sad. Me voici maintenant sur la partie (la plus?) expérimentale de ce voyage. Intéressante expérience. J’ai aimé ce sentiment de liberté totale. A mon rythme. Je vais. La route est rurale, ensoleillée, sympathique, des vignes toujours, des champs de mais. Les propriétés sont très éloignées les unes des autres mais semblent un peu plus riches. Il en est ainsi jusqu’à Ilok, dernière ville croate avant la frontière serbe. La Serbie est sur l’autre rive. Je prends ce grand pont qui nous mène à la douane avec beaucoup de circulation. Des gros camions. A ce propos, à chaque camion, je gaine je gaine je gaine (et je pousse un petit cri, je m’en suis rendue compte, ça me fait rire…). Bref. Et me voici en Serbie! Grand cri cette fois-ci, wouhou! Alphabet cyrillique, bienvenue! Et pour le coup, quel accueil en Serbie ! Je m’arrête dans un restaurant du bord de route pour demander de l’eau fraiche, les propriétaires me proposent un Coca. Pour finir, j’ai déjeuné avec Luka, jeune étudiant en tourisme à Novi Sad, qui aide ses parents l’été au restaurant pour accueillir les touristes car lui seul parle l’anglais. J’ai été servie comme une reine, une soupe, de la salade, du poulet, du porc, des frites, j’ai même dû refuser le dessert … 2 belles heures de pause, avant de reprendre une piste de terre jusqu’à Novi Sad, éprouvante pour les bras. Un peu de VTT pour terminer … 😉 Je retrouve Magali sans encombres, qui m’accueille avec son sourire et sa mine reposée, ça fait du bien d’arriver.

Alice

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