Budapest-Baja

En français

Dimanche 09 août, 8 heures, team Magali et Alice en route pour Istanbul: TOP départ.

Des rues presque désertes, quelques regards curieux, deux nanas, deux vélos de 35 kilos, et une carte achetée la veille, soigneusement attachée à la sacoche avant de Magali. Team Alice et Magali, enjouées et naïves, en route pour Istanbul, ne s’attendent pas à passer une première journée sous le signe de la malchance. Voici trois petites histoires sélectionnées mais en réalité il nous est arrivé plus de mésaventures en trois jours qu’en 3 mois de voyage. Le reste restera de la tradition orale. Nous, coincées pendant 40 minutes sous un pont d’autoroute. Nous, essayant de convaincre une entreprise de mettre nos vélos dans un camion pour nous amener de l’autre cote de ce pont d’autoroute, Magali repartant à Budapest au jour 2, Magali dans le train le plus lent du monde…

P1050147

Histoire 1 : Si tu es désespéré, fait un pas de plus en avant (par Magali et Alice)

Depuis le début, nous avons une certaine malchance avec les cartes. Tout a commence à Dresde quand les cartes sont tombées de ma sacoche le jour de notre arrivée. Un smartphone sans batterie, nous nous sommes finalement fier uniquement à notre mémoire pour traverser la cite saxonne. Puis à Prague. La carte imprimée par nos soins était trop petite et au bout de 4 jours dans nos sacoche, illisible. La malédiction continue deux jours plus tard quand Tobias me téléphone pour m’annoncer que les cartes commandées sur internet ne sont jamais arrivées. Ce n’est pas un problème dans le fond, car je trouve rapidement une carte vélo, en Tchèque, pour nous conduire jusqu’à la frontière autrichienne. Enfin, ma carte entre Bratislava et Budapest avait 15 ans d’âge et le trace des routes avait significativement changé depuis.

Nous voici maintenant dans Budapest et suite à un malentendu dans la team Magali Alice, les deux filles se retrouvent bredouille. Pas de cartes! János, qui nous héberge, nous fait savoir que ce samedi, très exceptionnellement, tous les magasins sont ouverts (afin de pouvoir fermer le 15 août). Ouf, nous avons de la chance. C’est donc pleine d’espoir que mous entrons dans la première librairie, conseillée par notre hôte. Rayon voyage fourni. Mais rien. Pas de cartes pour les cyclistes de l’Eurovelo. Une deuxième librairie, rien. Puis une troisième, rien, mais la gentille libraire nous indique un magasin de cartes, un peu plus loin. A l’adresse indiquée, rue Bajcsy, nous trouvons le magasin fermé. Fermé. Fermé. Fermé. Pourquoi tous les magasins sont exceptionnellement ouverts sauf celui-ci? Mon Dieu… Que faire ? Comment faire ? Rester ici jusqu’à lundi ? Et s’ils n’ont pas les cartes qu’il nous faut? Ces cartes si spécifiques pour cyclistes uniquement. Nos cerveaux sont à la recherche d’une solution, sans en trouver aucune. Désormais, nous avançons au rythme d’une errance lente et automatique. Je regarde mes pieds. Dans l’impasse. Quand soudain, un pas plus loin, sur notre gauche, apparait un magasin à la devanture bleue horizon, uniquement dédié aux cartes. Une véritable caverne d’Ali Baba (ils ont même des cartes de nos campagnes françaises). Un petit monsieur aux cheveux gris, lunettes rondes et regard bienveillant nous accueille. Nous lui adressons notre requête, la voix teintée de stress, d’inquiétude et d’espoir. Il nous écoute et nous répond un ‘‘Bien sûr, suivez-moi’’ tellement serein, tellement inattendu et tellement salvateur que nous avons explosé de joie. Sourire maximal figé sur nos visages pour le reste de la journée. Ca s’appelle avoir de la chance.

P1050104

Histoire 2: La fille qui voulait tracer tout droit vers Istanbul (par Alice)

J’entends ma mère me dire que mon inattention me perdra. C’est fort possible. Voilà comment je me retrouve à chercher un réparateur de vélo dans un pays inconnu dans une langue inconnue. Le problème était flagrant ceci dit. Je ne pouvais pas tourner. Un virage? Laaaarge. Une première journée de pilotage pour éviter que ne se rencontrent ma pédale et mon pneu. Exaspération, mélange de colère et d’incompréhension profonde: comment ont-ils pu me vendre un vélo qui ne tourne pas? Comment ai-je pu acheter cette machine? Comment n’ai-je pas pu m’en rendre compte plus tôt ? Alors messieurs, c’est quoi le problème? Sans un mot, les voyant simplement effectuer quelques gestes que je connais fort bien, je me rends compte que c’est moi le problème. J’avais monté – ma roue – à l’envers… Je trace dans l’espace moi des fois… Après ça, j’avais envie d’aller me coucher, mais comme je ne savais pas ou, alors j’ai continué…P1050074

Histoire 3: Le jour le plus long (par Magali)

Mon guide sur la Serbie commence par une description de l’hospitalité Serbe. Je comprends pourquoi désormais. Voici l’histoire de ma première journée en Serbie.

Mardi matin, troisième jour, 39 de fièvre. Le verdict est clair: j’arrête pour quelques jours. J’avais commencé à me sentir mal 2 jours plus tôt mais n’avais pas oscillé entre frissons et bouffées de chaleur comme ça avait été le cas cette nuit. Raul me propose une super pilule aspirine + caféine. Le surprenant mélange me donne assez d’énergie pour pédaler les 65 kilomètres qui me séparent de la frontière serbe. Du moins presque assez d’énergie car les 25 derniers kilomètres sans compagnie, sans carte, et sans fortins hongrois en poche, ont été vraiment difficiles. Pas d’habitations pour remplir ses gourdes, pas d’ombre pour se reposer, et pendant une interminable distance de 8 kilomètres, plus de panneaux. Je croyais être perdue et quand j’ai reçu un sms de mon opérateur me souhaitant la bienvenue en Croatie, je me suis même mise à pleurer. Je n’avais pas d’inquiétudes à avoir en réalité, j’étais sur la bonne route. Le poste de frontière serbe se dessine quelques kilomètres plus loin, accompagné par l’accueil très chaleureux des douaniers. Encore un kilomètre d’effort avant de trouver la ville de Backi Breg et sa gare. Je suis sauvée! Ou pas… La gare est là mais les trains, non. Ils se sont arrêtés de circuler il y a plusieurs années. La blague… 65 kilomètres de vélo avec 39 de fièvre pour rester coincée dans gare-fantôme-city. Une femme passe. Elle parle allemand. Je lui explique la situation. Quelques minutes plus tard, nous sommes assises dans sa modeste cuisine. Elle, téléphonant à son entourage pour trouver une solution a mon problème. Moi, savourant des boreks au fromage qu’elle avait préparé la veille. Trois heures plus tard, la solution est là. On attache mon vélo sur le toit d’une Yugo, passe ramasser quelques légumes au jardin, et prenons la route pour Sombor. La grosse ville à une gare mais plus de trains pour Novi Sad. **Argh, je veux juste aller me coucher, pourquoi tout joue en ma défaveur aujourd’hui**. Heureusement, il y a encore des bus, et en échange de beaucoup de frais supplémentaires, le chauffeur accepte de prendre mon vélo dans sa soute à moitié vide. Plus que 2 heures de bus avant de pouvoir me reposer et récupérer plusieurs jours.

P1050173

Ces trois jours n ont pas été seulement catastrophiques. Nous avons fait une très belle rencontre, Raul, the long lost Postman, avec qui Alice continue sa route.

P1050168

English

Sunday the 9th of August, 8am, team Magali and Alice is ready. Some empty streets, some curious looks, two girls, two heavy bikes, and one brand new map. Team Magali and Alice, joyful and naive, do not expect that they will have a lot of bad luck in the next days. Here are two selected stories. The other ones will remain oral tradition. Us, stucked during 40 minutes under the bridge of a highway. Us, trying to convince a company to carry us and our bikes to the other end of this bridge. Magali, going back to Budapest on Day 2. Magali, in the slowest train of the world…

P1050158

Story 1: The girl who wanted to go straight to Istanbul (by Alice)

Once my mum told me „You will seriously get into troubles because you are too distracted“. I think that she is right. At least, this is the reason why I ended up in a bike shop on my second day on this trip. Unknown country. Unknown language. My problem is obvious: I cannot turn. A curve? Ha ha! A first day of piloting a bike so that the front wheel does not touch the pedal. I was exasperated, angry and I could not understand: How is that possible that a shop sold me a bike, which can’t turn? How come did I buy it? How come didn’t I realize it earlier? I enter a bike shop in the city of Dunaújváros. “Hey mister, what is the problem with my bike?” I see, you turn my bike like that, and like that, ah, ah okay, now I understand, I am the problem. I mounted the front wheel the wrong way round. After this episode, I wanted to go to bed. I didn’t know where. So I kept cycling.

P1050133

Story 2: The longest day (by Magali)

My Lonely planet about Serbia starts with a statement about the enormous hospitality of Serbian people. Now I understand why. Here is the story of my first day in Serbia.

Tuesday morning. 39 degrees fever. I have no choice: I need to stop cycling for a few days. The best is to go to Novi Sad, in Serbia, where I could rest in the flat of a friend. Raul, who is cycling with us almost since Budapest, offered me a paracetamol + caffeine pill. The surprising combination provided me enough energy to cycle the 65 kilometers, which separate me from the Serbian border. Well, almost enough energy. The 25 last kilometers alone, without map, and without Hungarian Forint, have been very hard. No possibility to fill in the water bottle, no shade to rest, and during 8 kilometers, no signs. I thought that I was lost. When I received a sms from my phone provider welcoming me to Croatia, I even started crying. Actually, I should not have worried. I was cycling in the right direction. The border drawn up a few kilometres further together with the warm welcoming of the border officers. Only one kilometer left before the train station of Backi Breg. Easy. Or not… I was too late. A few years too late. There is a train station but the trains stopped working a few years ago. Arghhh, 65 kilometers with 39 degree fever to stay stuck in the front of this ghost train station! Is that a joke? A woman came. She speaks German. I explain her my situation. A few minutes later, we are both sitting in her modest kitchen. She, calling her friends to find a solution to my problem. I, savoring cheese borek that she prepared the day before. Three hours later, the solution is there. We fast my bike to the roof of a Yugo, go in the garden to pick up some vegetables, and start driving to Sombor. The big city has a train station but the last train left already. Fortunately, I did not miss the last bus. In exchange for a lot of extra money, the driver accepts to take my bike in its empty hold. Only two hours left before lay down and rest!

P1050154

Advertisements

Kommentar verfassen

Trage deine Daten unten ein oder klicke ein Icon um dich einzuloggen:

WordPress.com-Logo

Du kommentierst mit Deinem WordPress.com-Konto. Abmelden / Ändern )

Twitter-Bild

Du kommentierst mit Deinem Twitter-Konto. Abmelden / Ändern )

Facebook-Foto

Du kommentierst mit Deinem Facebook-Konto. Abmelden / Ändern )

Google+ Foto

Du kommentierst mit Deinem Google+-Konto. Abmelden / Ändern )

Verbinde mit %s