Roumanie: Calafat – Giurgiu

—- Français —-

‘’Bien sûr, entrez chez moi’’. En Roumanie, il y aura Maria, puis une autre Maria, puis Alexandrina, dite Dina. Trois femmes, un peu comme trois mères. Elles nous ont reçues, choyées, nourries plus que de mesure, logées pour la nuit. La Roumanie, ce pays sauvage. Je l’appréhendais un peu. Pour les chiens sauvages, pour l’unique camping et l’unique hôtel annoncés sur notre trajet. 330km, en 3 jours, avions-nous convenues. Apres la sympathique Serbie, la Roumanie avait à nous gagner. Et entre nous, la Roumanie, ce n’est pas vraiment ‘’the place to be’’. Nous y entrons dimanche 16 août par Calafat. Jour grisâtre. Et grosse poussée d’adrénaline. Quatre ou cinq chiens traversent la grande route 4 voies et viennent courser nos vélos. Oh mon Dieu non !! Déjà les chiens ?! Ma bombe de poivre dans la main gauche, un bâton dans la main droite, paniquée, je crie, je crie. J’entends Magali pas loin dans la même posture. Aujourd’hui, comme je ris à nous y voir, mais sur le coup, dans tout ça, je ne savais plus que faire de la direction de mon vélo. Alors je suis allée tout droit (sans commentaires…).  Quand j’ai vu Magali sur ma droite s’élever dans les airs, j’ai réalisé que j’avais raté le pont. Et des chiens aux trousses. Dommage…

‘’ C’est pour les chiens ces bâtons ?’’ nous demande Maria. Nous buvons une bière ensemble, attablées dans la cour sèche de sa pauvre maisonnée. Il y a des poules à côté, un puits d’où l’on tire l’eau pour la toilette, la cuisine. Des toilettes au fond du champ de friches, une cabane faite de planches de bois si penchée que je me suis demandée s’il fallait que je me penche aussi… L’impression très rigolote d’appartenir à une œuvre d’art contemporain !

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Maria, cette Roumaine de 60 ans au visage bonhomme, yeux bleus, regard malicieux et sourire imperturbable, vit seule, à Ostroveni. Nous avions roule 100km et nous étions retrouvées face à ce fameux camping roumain, unique en son genre, certes unique, abandonné surtout. L’idée d’y faire du camping sauvage nous a effleuré l’esprit mais l’endroit désaffecté était inquiétant. Nos jambes étaient fatiguées et nos esprits soucieux. Maria est apparue de nulle part comme une femme providentielle. ‘’Venez dormir chez moi’’. On avait faim. On s’est régalées : des frites cuites dans la graisse de porc, croustillantes et fondantes à la fois, excellentes, des œufs au plat tellement frais tellement bons, et son pain ! Petites miches individuelles faites à la minute. Quelle cuisine ! Et beaucoup de chaleur humaine surtout.

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En Roumanie, la route est plate, facile, routinière aussi. Nous traversons des villages, tout droit. Nous avalons les kilomètres. Nos jambes sont devenues plus fortes. La route principale est goudronnée, les routes adjacentes sont des chemins de terre. Il y a un petit banc devant chaque maison, et bien souvent des gens dessus, qui nous saluent à notre passage. Des petits chiens désintéressés, des oies, des poules, des calèches qui transportent de tout. Beaucoup. Entre les villages des champs de maïs. Le Danube n’est pas loin mais nous ne le voyons pas.

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Deuxième soir, l’histoire se répète. L’hôtel n’existe pas. Nous interrogeons plusieurs personnes. C’est bel et bien vrai. Il est 19h30. La nuit tombe a 20h ici. Nous sommes exténuées et très inquiètes. Nous demandons à planter notre tente dans le jardin, tous refusent. Nous avons déjà fait 115km. Il y a des hôtels à Zimnicea, à 40km de là. La route de nuit, en rase campagne, les chiens, nous… Mauvaise équation… Franchement j’ai peur. Nos forces se retrouvent décuplées, on roule à près de 30km/h pour en faire le plus possible avant la nuit noire. On entre dans ce village, Suhaia. Des gens nous saluent. Au fond, je crois qu’on cherchait le regard bienveillant d’une femme qui puisse nous héberger. On a dû le trouver. On est hésitantes, gênées mais tellement épuisées qu’on s’arrête auprès d’eux. On demande. Nous, tente, vous, jardin. Une femme, deux hommes. Elle nous dit oui. Elle s’appelle Maria, elle aussi, 60 ans, elle aussi. Et 2 enfants de nos âges. On se dit que ce n’est peut-être pas un hasard… Leur maison est toute en longueur. Nous dormons dans une chambre au fond d’un long couloir de 5 portes. Ils possèdent une vache et vivent de la vente de leur lait et de leur fromage (quel lait et quel fromage! Le bonheur est décidément dans le terroir). Nous repartons, ce matin-là, comme la veille, les vélos charges de raisin, tomates du jardin, confitures. On ne peut pas dire non…

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Dernier jour en Roumanie. Il fait chaud. La route est droite. Les villages passent. Une pause déjeuner prévue à l’ombre de l’arbre devant chez Dina. Et finalement une table chez elle, et 1 tonne de raisin supplémentaire dans les sacoches pour passer la frontière Bulgare. Non monsieur le douanier, nous n’avons rien à déclarer…

Alice

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—- English —-

‘’Of course, come in’’. İn Romania, Maria, another Maria, and Alexandrina invited us in their home. Three women, a bit like three mothers. They received us for a meal or for a night. We have been cosseted.  Romania, this wild country. İ was worried about going there. Because of the wild dogs and because accomodations are scare in this region. 330 kilimeters in 3 days. This was our plan. After our amazing time in Serbia,  Romania wıll have to seduce us. Especially that Romania is not really ‘’the place to be’’ -well, thıs stays betwenn you and me. We entered this country on Sunday the 16th by Calafat. Grayish day. And a rush of adrenaline right after the border. Four dogs crossed the 4-line highway specially to chase after us. Oh my God ! Dogs ! Already ! İ have my anti-pepper spray in the left hand and a wooden stick in the right hand. İ panic. İ scream. İ scream louder. İ can  hear Magali too. İ don’t know ın whıch dırectıon I should go so İ go straight and realized only afterwards that Magali went in another direction. Oops İ missed the bridge (no comments please..) and the dogs are now running after me. What a pity, mhh.

‘’Do you carry these sticks because of the dogs ?’’ asked Maria. We are drinking beer together in the courtyard of her modest home. There are chicken next to us and a well, from which she draws water to cook or to shower. The toilets are at the very end of the garden, in a wooden cabin, which leans to the right. İ wondered if İ should lean to the righ as well… This is a funny sensation. İ feel as if İ was in a museum of contemporary art.

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Maria, this 60-year old romanian woman, with blue eyes, a malicious look and an imperturbable smile, lives alone in Ostroveni. We already cycled 100 kilometers on the day we met her to finally end up in a camping, indicated on our map, okay, but abandonned. We shortly though of sleeping there but there was something really spooky in its atmosphere. Our legs are tired and our minds worried. This is only a few kilometers futher that Maria appeared. ‘’Come sleep at my place’’. We were angry. We enjoyed the meal she made. Potatoes cooked in lard, eggs, home-made bread and a lot of human warmth. Merci!

İn Romania, the road is flat, easy, and predictable. We cross villages, always straight. We are swallowing up the kilometers. Our legs became stronger. There are small benches in the front of the houses, most of the time some people are sitting on it, they salute us. There are dogs but they are not interested ın us. We overtake many horse-drawn carriages on the way. Between the villages, there are cornfields. The Danube is not far away but we can’t see it.

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On the second day, the story repeats itself. The hotel indicated on our map doesn’t exist anymore. İt is 7pm and the night falls at 8pm here. We are exhausted and anxious. We already cycled 115 kilometers to reach this ghost hotel and now need to cycle 40 kilometers more to reach the next existing hotel. Oh dear. The darkness, the empty countryside, the dogs, us. Wrong equation. The fear increases our strength and we start cycling at 30 km/h ın order to do as many kilometers as possible before the dark night.  We enter Suhaia, still 18 kilometers to go. We are looking for a benevolent gaze of a woman, who would agree to host us. And we fınd her. We ask: ‘’We tent, you garden?’’. She says yes. We feel relieved. Everyone we asked before refused.  This womans’ name is Maria and she is 60. What a coincidence ! Her children are the same age than us. This is maybe not by chance… The house is big and empty. We sleep in a bedroom at the end of a 5-door corridor. They  have a cow and make a living by selling the milk and the cheese from ıt.  We leave Maria’s house the next morning with plenty of tomatoes, grapes and jam in our bags. We can’t refuse of course…

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Last day in Romania. İt is hot. The road is straight. We stop for a short lunch break in the front of Dina’s home, which became a long lunch break in Dina’s garden. We continue our way a few hours later with 3 additional kilos of grapes in our bags. No Mr. We have nothing to declare at the border.

Alice

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